La meilleure chanson du monde du jour (6)

21 mai 2013

 

 

C’était ça ou Get Lucky des Daft Punk, mais je pense que ces derniers n’ont pas vraiment besoin de pub et puis par principe je ne vais pas faire comme tout le monde.

La meilleure chanson du monde du jour (5)

27 septembre 2012

 

Vide-greniers et dépôts-ventes #7

25 septembre 2012

La saison des vide-greniers avait assez mal commencé pour moi : strictement rien à se mettre sous la dent. Jusqu’à la fin août je n’avais rien trouvé hormis quelques vinyles de musique classique, un disque de musique vietnamienne (pas terrible) et un album vraiment étonnant de musiques médiévales, achetés un peu au pif dans un dépôt-vente. 1€ chaque disque sauf les sextuors de brahms 4€ (mais ça reste une bonne affaire).

Début Septembre j’ai eu un peu plus de chance, mais j’ai bien failli la laisser passer. Lors d’une visite expresse dans un dépôt-vente (ma copine en a marre de m’attendre des heures pendant que je fouille dans les bacs) j’ai eu dans les mains un disque de Bill Coleman (5€) mais ne sachant pas trop à quoi m’en tenir et ayant peur d’y trouver des gospels mielleux et sans grand intérêt, je l’avais reposé et j’étais parti ; il faut dire qu’en plus le label (la guilde internationale du disque) sur lequel est paru l’album ne m’inspire pas trop confiance. Au bout d’une semaine je suis quand même retourné dans ce dépôt-vente pour une recherche plus approfondie, ma copine étant restée à la maison. Le disque y était encore. Ce coup-ci j’ai pris le temps de lire les crédits  à l’arrière de la pochette et j’ai alors réalisé que c’était Jef Gilson et ses musiciens qui accompagnaient Bill Coleman. J’ai donc beaucoup moins hésité cette fois-ci. Au final le disque est plutôt bien, les arrangements de Gilson sont excellents, mais le chant de Coleman est assez quelconque. Dans la foulée j’ai visité un second dépôt-vente dans lequel j’ai trouvé le disque In the Upper Roomde Mahalia Jackson (0.20€).

Le lendemain je me suis rendu dans le 1er vide bibliothèque, vidéothèque, discothèque de Nantes. Petit problème quand je suis arrivé sur place il n’y avait personne, enfin si, il y avait une sorte de brocante mais rien à voir avec ce qui était annoncé. Donc soit je suis allé au mauvais endroit, soit c’était annulé… Pour me consoler je suis allé dans un autre vide grenier sur Nantes. J’ai bien cru que j’allais repartir bredouille et que j’avais fait tout ce chemin pour rien (j’habite à 30min de Nantes). J’ai finalement trouvé un 45T des Shadows  à 0,50€. J’ai quand même eu à discuter un peu le prix parce que le vendeur en voulais 1€ sous prétexte qu’il était plus anciens que les autres 45T en vente (variété 70′s).

Les choses se sont accélérées il y a deux semaines quand je me suis rendu chez un particulier pour aller chercher deux disques que j’avais repéré sur une annonce du bon coin (les deux du bas sur la photo ci-dessus). Je regarde très peu les annonces sur le bon coin, car tout y est très cher. Soit les gens n’y connaissent rien et pensent avoir des trésors, soit ils savent très bien ce qu’ils vendent mais ils en réclament plus que les disquaires professionnels.

Je ne connaissais pas les disques qui avaient attiré mon attention, mais le simple fait qu’il s’agissait de jazz et de gospel m’avait interpellé. Coup de chance il y avait extraits sur Youtube et une brève écoute m’avais emballé, j’allais donc tenter le coup. Une fois arrivé sur place la personne me raconte qu’elle vend les disques de son père, que ceux qui m’étaient réservés sont posés là, et qu’elle a encore tout ce tas là à mettre en vente. Je me frotte les mains, c’est dans ces cas là qu’on a le plus de chance de trouver des pépites : quand on est le premier à fouiller dans une collection de disques. Pas mal de choses intéressante en effet. Du jazz : Louis Armstrong, un truc qui s’appelle jazz jamboree (après recherche sur internet c’est un festival de jazz qui se tient en Pologne) et un disque de Robeson, dont la pochette fait penser à du jazz mais qui après écoute s’avère ne pas en être . Du folk avec du koto japonais, de la musique irlandaise et un album de Peter Paul and Mary, dont je n’avais encore aucun disque.

Le gros des vinyles s’avèrent être de la musique classique. Il y en a énormément. Au petit bonheur la chance j’en sélectionne quelques un, surtout des récitals de piano sur un label polonais. Je demande à la dame si son père est polonais ou s’il a vécu en Pologne, elle me répond que ni l’un ni l’autre et qu’elle n’a aucune idée de la façon dont il les a acheté. Et puis d’un seul coup je tombe la dessus :

Ce n’est pas tous les jours qu’on trouve un album de Pierre Henry, ni même des disques de Messiaen. Bien entendu je reste de marbre et ne laisse rien paraître de ma alors que je jubile à l’intérieur. Je repars avec 20 disques pour 20 euros.

Je n’ai pas eu trop le temps de tout écouter en détail mais à chaud  je suis globalement satisfait. Le disque de  Clarence Clay et William Scott est vraiment excellent. Il s’agit de gospels chantés à deux vois avec un accompagnement d’accordéon. Le genre de musique belle et âpre dont regorgent les compilations Mississippi Records (un extrait ici). Un grand regret quand même, le disque de Pierre Henry a un gros problème de pressage (invisible  à l’oeil nu),  il y a un souffle très important qui gâche complètement l’écoute, sniff, mais au moins j’ai une jolie pochette. Re sniff pour le disque de Xenakis qui n’a qu’une légère rayure mais qui s’entend beaucoup du fait du faible volume de la musique. Ah oui, et puis le disque de Robeson n’est vraiment pas terrible.

Et pour finir, il y a deux semaines,  quelques disques dans un vide-grenier: une compilation de Sidney Bechet, une autre de jazz/blues et un Gershwin (2.5€ les lot), un 45 T de Peter, Paul and Mary 1€ et un 45T des Tornados 0.5€.  Et puis dans un dépôt-vente, un 45T de T-Rex (0.2€) et deux 45T de Sheila (0.5€). Oui Sheila, je rougis un peu, mais bon les sucreries sixties ça a aussi du bon, et puis il est plus facile de danser avec ma fille au son de L’école est finie ou Papa t’es plus dans le coup, qu’à celui de Trilogie de la Mort d’Eliane Radigue…

La meilleure chanson du monde du jour (4)

29 avril 2012

 

Takehisa Kosugi – Catch-Wave (CBS, 1974 / Iskra, 2010 )

20 avril 2012

Je ne me rappelle plus très bien quand j’ai acheté cet album. Comme cela m’arrive de temps en temps je l’ai acquis sur un coup de tête, dans la précipitation, avant qu’il ne soit épuisé – ah, les éditions limitées…. Depuis, il dormait sagement rangé dans mes étagères : troisième ligne, deuxième colonne, catégorie drone-ambient. Je l’ai exhumé depuis peu, grand bien m’en a pris.

Si lors de l’acquisition de la réédition de Catch-Wave, album initialement sorti en 1974, les premières écoutes ne m’avaient pas plus convaincu que cela, en revanche aujourd’hui je dois avouer que je suis subjugué. Peut être que le fait d’avoir entre temps écouté de nombreuses fois le Live In Stockholm 1971 des Taj Mahal Travelers m’a aidé à apprécier plus facilement Catch-Wave. Les deux musiques sont assez voisines, sans surprise me direz-vous, car Takehisa Kosugi est membre des Taj Mahal Travelers.

Cependant il est également possible, que cette soudaine empathie pour le disque ne soit pas uniquement due à sa filiation musicale avec les Taj Mahal Travelers. A vrai dire cette musique me parle davantage depuis que j’ai découvert les photographies de Takuma Nakahira en Décembre dernier. Quand je suis tombé nez à nez avec l’œuvre de ce photographe, comme dans un flash, je me suis souvenu de Catch-Wave, alors que je n’avais écouté l’album que très peu de fois et qu’il croupissait dans une pile de vinyles. Etrange chose que la mémoire. Depuis, je parcours Magazine Work en écoutant Catch-Wave et c’est le pied.

On ne soulignera jamais assez comment des œuvres peuvent dialoguer entre elles, modifier les grilles de lecture ou la compréhension que chacun peu en avoir, alors même qu’a priori elles n’ont pas grand-chose en commun. Vous me direz qu’ici ce n’est pas totalement vrai car la musique de Kosugi et les photographies de Nakahira sont toutes deux les fruits du japon des années 7O, gros point commun je le concède. Disons donc qu’il ne faut pas sous estimer l’importance d’un dialogue entre des œuvres n’appartenant pas à la même discipline artistique. Il est donc très important de laisser divaguer son esprit et de développer son imagination pour que ces rencontres aient lieu. Quand un rapprochement s’opère, il en générale d’autant plus frappant, qu’il vous prend par surprise.

En ce qui me concerne, ces deux œuvres se répondent de manière saisissante. La lourde menace qu’elles véhiculent, évoque un univers toxique dans lequel l’Homme est au mieux perdu, au pire rayé de la carte. Les photographies de Nakahira sont la seconde avant l’apocalypse, la musique de Kosugi est le siècle qui suit.

La musique de Takehisa Kosugi coule comme une eau noire, un fleuve lourd qui traverse des territoires dévastés, des restes de terres brûlées, un monde d’après l’Histoire. Lors de l’écoute, difficile de ne pas avoir en tête les images d’ Hiroshima ou de Fukushima. D’une certaine manière cette musique évoque tellement un monde après un cataclysme nucléaire qu’elle ne pouvait venir que du Japon.

Les deux compositions, qui occupent chacune une face, pourraient s’étendre à l’infini. L’oscillation électrique qui les compose leur donne des allures de ragas cosmiques. Des ragas vertigineux qui se perdent aux confins de l’espace et du temps, dimensions que l’on parcourt à l’aveugle en remontant un long fil d’Ariane de solitude, dont on ne sait pas très bien vers quoi il va nous mener.

Catch-Wave, c’est l’après apocalypse sous LSD : fascinant et terrifiant. A quoi pouvaient-elles bien  ressembler ces étendues dévastées qui nous entourent à présent ? D’un noir absolu et uniforme, elles brouillent toute perception visuelle, plus d’horizon, plus de haut, ni de bas, plus d’espace. Le voyage est sans fin, le temps semble bien avoir disparu lui aussi – un autre vestige. Nous voyageons dans un pur fantasme onirique, la terreur au ventre. Celle-ci est d’autant plus forte quand nous rencontrons des souvenirs de notre civilisation – vestiges à peine humains – sous la forme d’une voix gémissante ou du spectre d’une mélodie folklorique jouée au violon

On aurait pu en rester là. Cela aurait donné un disque sans grâce, ni mystère, trop démonstratif, trop unilatéral. Ce qui fait pleinement la force de Catch-Wave, ce qui l’empêche de tomber dans les travers d’une musique platement glauque et morbide c’est que de cette détresse, de ce vide glacé, se dessine au final une forme d’extase. On croit y distinguer comme lueur interne en apesanteur. Elle se diffuse lentement et petit à petit elle insuffle un élan à la musique. La vie semble à nouveau possible comme dans un éternel recommencement.

Un extrait en écoute ici.

Retrouvez également cet article sur SUBSTANCE-M

 

La meilleure chanson du monde du jour (3)

22 mars 2012

Je ne savais pas quelle version choisir, alors j’ai mis les deux.

 

Je ne sais toujours pas comment j’ai pu passer à côté des Congos pendant ma phase reggae aux alentours de la vingtaine. Mieux vaut tard que jamais, je rectifie le tir à trente ans passé.  En bonus une autre vidéo qui me fait me demander ce qu’aurait pu donner une rencontre entre les Congos et les Beach Boys version Smiley Smile. J’en rêve la nuit.

Un peu d’Ennio Morricone

20 février 2012

"Matto, Caldo, Soldi, Morto… Girotondo"

Artistes Divers – Life is a problem… but where there is life there is hope (Mississippi Records, 2007)

11 décembre 2011

Déjà il y a le titre, magnifique. Il résume à lui seul la dualité de la musique blues et gospel, douleur/espoir, sentiments aussi intrinsèquement liés, qu’opposés. Sur Life is a problem… But where there is life there is hope l’espoir triomphe et emporte tout sur son passage.

Cette compilation est en fait le premier volet d’une série en cours dont Oh graveyard, you can’t hold me always est le second volume. Un troisième vient de sortir. Si Oh graveyard, you can’t hold me était plutôt orienté soul, Life is a problem… est résolument blues. La guitare est à l’honneur, et attention aux tympans, ici on joue fort, très fort. Ceci paraît incroyable et pourtant, bons nombres de titres présents sur la compilation sont joués par des hommes d’église. L’album s’ouvre avec Take a trip du Révérant Utah Smith – un autre de ses titres, I’m Free, est présent sur la face B. Le premier a été enregistré en 1953, le second en 1947. Chacun des deux a de quoi faire crever d’envie 99% des soi-disant rockers qui ont officié ses 60 dernières années. Si on m’avait dit que Take a trip était un morceau de Chuck Berry, je l’aurais cru sur parole. En plus d’avoir été un as de la 6 cordes, le révérant fut également un showman extravagant et fantasque. Car non content de courir de long en large dans l’église en hurlant ses sermons et on jouant de la guitare à vous en faire saigner les tympans, il s’était confectionner des ailes qu’il s’accrochait dans le dos, ceci en référence à une autre de ses chansons, Two wings. On raconte même l’avoir vu voler, accroché à un système de cordes et de poulies. Il faut croire que la bible aussi a ses guitar-heroes.

Cela se confirme par ailleurs avec le second morceau étrangement intitulé A night in the house of prayer, alors qu’il s’agit de toute évidence d’une reprise de When the saints are marching in. Cette fois-ci, c’est le révérant Lonnie Farris qui tient la guitare. Là aussi c’est difficile d’imaginer un homme d’église jouant cette musique pour ses ouailles. En effet, on l’imaginerait mieux à Monterey, habillé d’un costume flamboyant,  jouer de la guitare avec les dents avant d’y mettre le feu.

Avec Life is a problem… on apprend donc qu’a priori Dieu rien contre les guitares sauvages et c’est tant mieux. Il n’y a donc aucun problème à se repasser en boucle Lord will make a way du révérant Anderson Johnson, ou I found a solid rock de Bishop Perry Tills, morceaux noyés sous les distorsions cradingues qui feraient passer l’album A ass pocket of wiskey de R.L. Burnside pour un disque des petits chanteur à la croix de bois. On en vient au final à se demander si le blues-punk n’est pas né 30 ans avant le punk. J’ai comme une envie subite de réécrire l’Histoire.

Encore une fois je ne tarirais jamais assez d’éloges sur les talents de compilateurs des gars de chez Mississippi Records. J’avais dit de Oh graveyard, you can’t hold me que c’était une compilation parfaite. Je vais devoir me répéter. Si les guitares endiablées dominent l’ensemble de la compilation (surtout la face A en fait), d’autres titres plus «apaisés » apportent une diversité bienvenue. A commencer par le morceau qui a donné son nom à l’album, Life is a problem de Sister Ola Mae Terrel, sur lequel la guitare, aussi saturée soit elle, se fait plus hypnotique que rageuse. Seat in the kingdom, des Crumb Brothers, lorgne lui du côté de la soul et en 2min 31sec fait plus de bien qu’une cure d’antidépresseurs de 6 mois (ceci est une image, je tiens à rassurer les lecteurs de cette chronique, je vais bien). Pray On est au moins aussi fabuleux, et est chanté avec une telle conviction et une telle foi douce et quasi maternelle qu’on se sent comme bercé et protégé. Standing in the safety zone fait penser à une chanson enfantine avec son rythme enjoué et entraînant. Lil school song aussi, mais en version nounours se prend pour un barde loner folk.

Je pourrais difficilement être plus enthousiaste concernant cet album, qui est à coup sûr mon coup de cœur de l’année.

PS : vous comprendrez donc maintenant pourquoi je ne ferai jamais de top de fin d’année sur ce blog : il ne comprendrait quasiment que des albums sortis depuis belle lurette.

Retrouvez également cette chronique sur SUBSTANCE-M.

 

 

 

 

La meilleure chanson du monde du jour (2)

10 décembre 2011

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