Does humour belong in musique ? Oui avec les Muppets.

9 Réponses to “Does humour belong in musique ? Oui avec les Muppets.”

  1. ludo Says:

    marrant ça…à la fin de ce week-end où j’ai uniquement écouté sick llama et vomir (on est en février quoi !), la fille avec qui je partage mes frites, pas convaincue du tout (euphémisme) m’a fait demandé si toutes ces musiques ne frisaient pas l’excès de sérieux. j’ai essayé de lui expliquer que non, au contraire, mais j’ai bien senti que mes explications n’étaient pas drôles mais alors pas drôles du tout. le type de vibracathedral orchestra (je crois…je ne sais plus où j’ai lu ça) se demandait pourquoi il existait aussi peu de musiques joyeuses. bonne question même si là encore y’a débat, je trouve la musique des archives GRM beaucoup plus joyeuses que celle, autoproclamée festive, des black eyed peas par exemple.
    bref…ne voyant plus moi-même où je veux en venir (et puis doit bien déjà y avoir une thèse sur les rapports qu’entretiennent la musique et la joie), merci pour ces vidéos…très drôles pour le coup (la dernière est même assez hilarante).

    • johancolin Says:

      J’avais vu une vidéo d’une interview de Jim Morrison qui soulevait la même question. Il y disait qu’il aimerait écrire une musique qui soit le reflet d’une joie pure. Et effectivement je ne pense pas n’avoir jamais entendu une telle musique. La tristesse semble être bien plus facile à transmettre… Toujours est-il que cette question me trotte dans la tête depuis. Faudrait que je fasse une liste des morceaux, qui quand je les écoute, me font me dire qu’on y est presque. Cependant souvent le sentiment de joie, semble devenir festif (du coup trop trivial pour être considéré comme un joie pure), ou se teinter de sérénité ou de nostalgie (donc là encore, un peu à côté du sujet, ah moins que …). Des suggestions ?
      Oui sinon, les Muppets ils déchirent. Ce serait bien qu’il y ait des rediffusions.

  2. fred Says:

    C’est drôle j’ai eu une discussion de ce type avec ma copine ce week-end. On écoutait un album de musique africaine en voiture, un best of avec des artistes que je ne connaissais pas, et naturellement, le groove aidant, je me suis retrouvé à battre le rythme avec ma tête, les mains étant occupées à tenir le volant. Une musique vraiment joyeuse, pleine de vie, d’espoir, bien rythmée, touchante, le genre de musique qui nous donne envie d’aller danser. Et pour elle qui a été baignée dedans depuis toute petite, la musique c’est ça. Et uniquement ça. De la joie, du bonheur et des bons sentiments. Une musique pour danser et faire la fête.

    De mon côté je pense que la musique peut amener autre chose. On peut faire un parallèle avec le cinéma ou la littérature. La musique peut faire peur, émouvoir, rendre triste, rendre heureux, rendre perplexe, bref provoquer énormément d’émotions. Pas seulement de la joie.

    Selon elle, on intellectualise trop la musique. Ca m’a tout de suite fait penser à ton blog. Que j’adore. Mais c’est vrai qu’on se pose sans doute beaucoup trop de questions en écoutant de la musique. Ca me rappelle ta critique sur Sun Araw ou tu disais écouter l’album avec méfiance de peur de te faire avoir vu la hype qui entoure cet artiste. On est tous pareil, on peut avoir des a priori sur des artistes qui vont avoir des répercussions sur la façon dont on va écouter l’album. Cet a priori peut même changer notre perception de l’album. Mais au fond l’important n’est-il pas tout simplement de prendre du plaisir avec l’album sans penser à tout ce qui l’entoure ?

    De mon côté j’aime bien ta façon d’expliquer ce que tu écoutes. De trouver des mots sur les émotions que peuvent provoquer les albums que tu chroniques. C’est une démarche qui à mon sens n’est pas évidente. Mais pour certains la musique est synonyme de fête, de danse, de joie. Rien de plus. On mets la musique et on danse. Et on oublie tout.

    Nous on pense à ce qu’on écoute. C’est une autre approche.

    Pour revenir sur la musique triste/joyeuse je pense que ça reflète aussi un peu nos sociétés. En Afrique les musiques sont souvent joyeuses. Tout comme les Africains. Pourquoi ? Le différentiel entre la vie rêvée et la vie réelle est très faible. Les Africains se contentent de peu et sont heureux avec ce qu’ils ont. Plus l’écart entre la vie rêvée et la vie réelle grandit, plus nous sommes tristes. C’est le cas en Occident. Si on a pas la nouvelle télé à la mode, ou pour notre cas, le dernier vinyle collector à 500 exemplaires des Emeralds, on tire la gueule. Nos sociétés ont tellement à nous offrir, qu’au final on est toujours frustré de ne pas tout avoir. Et mine de rien ça doit jouer sur nos comportements et sur notre façon d’être. Et donc sur la musique que l’on joue et que l’on écoute.

    Ou pas.

    • johancolin Says:

      Salut Fred !

      Merci pour ce long commentaire, c’est con qu’on ne puisse plus avoir ce genre de discution autours d’une bière. Vivement qu’on invente la téléportation.

      « On est tous pareil, on peut avoir des a priori sur des artistes qui vont avoir des répercussions sur la façon dont on va écouter l’album. Cet a priori peut même changer notre perception de l’album ». Ce qu’on projète sur un album influe forcément sur la façon dont on le perçoit et là c’est un fan de drone qui parle. Je pense qu’en ce qui concerne les musiques drone tout particulièrement, l’auditeur fait la moitié du boulot. Il ne se passe pas grand chose, les notes sont tenues et il n’y a que d’infimes variations et si l’auditeur ne cherche pas à entendre quelque chose, s’il ne se projète pas dans la musique, il ne se passe rien. c’est un peu comme un monochrome en peinture (enfin j’imagine, parce que je n’ai encore jamais été touché par un monochrome. Mais je comprends très bien que dans un certain état d’esprit on puisse imaginer une sorte d’infini ou de puissance émaner de ces toiles). Je parlais d’un sujet un peu similaire avec un ex collègue fan de jazz et de Mondrian. On envisageais la musique de manière assez similaire et au final on avait des goûts assez proches, comme quoi la musique que l’on aime dépend de ce qu’on y cherche. Quand la musique est trop lisse, trop bien exécutée, quand elle est finie et qu’on ne peut rien y projeter elle ne touche pas. J’aime besoin qu’elle ait une certaine forme d’ambigüité. Que d’une certaine manière elle ne soit pas finie, qu’il y ait un petit grain de sable qui empêche que la mécanique soit trop bien huilée, qu’il y ait des « tensions », pour que je puisse y voir des choses qui peut être n’y sont pas.

      « Mais au fond l’important n’est-il pas tout simplement de prendre du plaisir avec l’album sans penser à tout ce qui l’entoure ». Dans une certaine mesure, oui tout à fait d’accord avec toi, il ne faut pas bouder son plaisir mais cela n’empêche pas de garder un esprit critique, en se s’interrogeant sur ce que nous propose le musicien. Dans le cas de Sun Araw ma crainte était que sa musique fonctionne sur une période très courte. Je m’explique : impossible de dissocier une « oeuvre » et son contexte. La musique est le reflet de son temps, elle capte l’air du temps (les meilleurs le transcendent, mais en sont quand même le fruit) . J’avais donc un peu peur que « l’air du temps » pour Sun Araw, soit quelques mois, et qu’après sa musique perde de son sens très rapidement. Je craignais également que le son lo-fi ne cache au final qu’un manque d’idée.

      « Selon elle, on intellectualise trop la musique ». Ah bah ça je ne vais pas dire le contraire… mais…

      « Pour revenir sur la musique triste/joyeuse je pense que ça reflète aussi un peu nos sociétés….. ». Ça va au delà de notre société et ce n’est pas juste une question de frustration. La culture européenne a toujours été très « cérébrale ». La musique a toujours été intellectualisée, écrite, construite. Enfin une partie de la musique. Du coup on arrive à cette différenciation assez étrange entre musique savante et musique populaire. Je ne sais pas s’ils ont cette notion de musique savante également en Afrique ?

      C’est marrant que tu me parles de musiques africaines parce que depuis quelques mois, j’ai de plus en plus envie de les découvrir ; en partie depuis que je suis tombé sur ça. C’était quoi la compilation qu’écoutait Adiza ?

      A+

  3. ludo Says:

    ce qu’il y a de sûr, c’est que nous ne sommes plus drôles du tout là ! les muppets se foutraient sacrément de notre gueule🙂
    blague à part, discussion tout aussi passionnante qu’interminable ( et pas très adaptée à l’internet) mais c’est toujours mieux que se demander si DSK va enfin y aller (où d’ailleurs ? aux toilettes ?)
    juste si je peux me permettre : pas sûr qu’il soit nécessaire de faire un distinction entre musique occidentale et les autres (très diverses d’ailleurs). si on pense aux musiques évoquées ici par johan, elles sont même assez souvent intimement liées.

  4. fred Says:

    Le morceau que tu as mis en lien est magnifique, tu peux nous en dire plus ? Sinon je ne sais pas ce qu’il y avait sur la compilation de musique africaine, il s’agissait d’un CD gravé.

    • johancolin Says:

      Il s’agit d’un morceau extrait d’une compilation Lipa Kodi Ya City Council sortie en 2007 sur le label Mississippi Records. C’est un label qui sort des rééditions et de magnifiques compilations de morceaux oubliés et impossibles à trouvés. Celle-ci est consacrée aux musiques africaines mais elle est maintenant introuvable et très chère. Sniff. Mississippi a également sorti des compilations de blues, gospel et de « musiques du monde ». C’est un label que j’ai découvert très récemment mais qui est en passe de devenir une obsession. Le morceau que j’ai mis en ligne est un parmi tant d’autre. C’est franchement incroyable tout ce que certain label (Mississippi n’est pas le seul) arrivent à dénicher. Il n’y a que depuis quelques années que je me rends vraiment compte de la richesse et de la diversité du patrimoine musical mondial.

      Sinon Mississippi Records a également sorti 5 vinyles qui regroupent des enregistrements effectués par Alan Lomax dans le sud des Etats Unis entre 1959 et 1960. Il va voir les gens du cru, chez eux, dans les églises, les prisons… et enregistre les musiques folkloriques et traditionnelles de leur région. 5 disques qui mélangent, blues, country, gospel, ballades, banjo, work songs… C’est d’une beauté confondante et sûrement l’une des meilleure chose écoutée en 2010 (Chronique en cours).

  5. piero Says:

    bonjour,
    Si je peux me permettre il n’y a pas UNE musique africaine…mais c’est un fait qu’en afrique ( ou tout au moins au Mali) il n’y a pas d’approche cérébrale telle que nous l’entendons . Tout est mis sur un meme plan: Black eyed peas, Ali farka Toure,Amadou et Mariam, Bob Marley, le rail Band , Nahaw Doumbia ou encore le griot local…et ça c’est bon! de la musique pour danser, pleurer, chanter …vivre. Et surtout aucun rapport affectif à l’objet: une K7 pourrie, un MP3 dégueu, un cd qui saute toute les 30 secondes…c’est d’ailleurs bien tout le problème des archives et du passé et du présent! Bref je m’égare mais pour en revenir au dernier post, Mississippi fait un travail extrordinaire de réédition avec comme fil conducteur le plaisir à travers la (re)découverte d’artistes oubliés, méconnus ou mis sur le bord de la route…je vous encourage à écouter les 2 orchestres maliens qu’ils ont réédité: le regional de mopti, et l’orchestre national A.

    • johancolin Says:

      Bonjour Piero.
      Oui bien sûr il n’y a pas UNE musique africaine, pas de doute là dessus. J’ai commandé les rééditions des 2 orchestres maliens. Elles ne sont pas encore arrivées. je scrute la boite aux lettres avec impatience. J’attends également que Mississippi sorte les 4 autres albums (C’est a priori une série de 6 rééditions), qui devraient suivre dans un futur proche.

      Merci pour ce commentaire.

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