Catherine Christer Hennix – The Electric Harpsichord (Die Schachtel, 2010)

Catherine Christer Hennix a étudié auprès de La Monte Young et de Pandit  Pran Nath. Elle a enregistré The Electric Harpsichord en utilisant des claviers accordés sur le principe de l’intonation juste et 2 boîtiers delay. Il aura fallu attendre 34 ans pour pouvoir enfin entendre cette pièce jouée une seule fois en live en 1976.

Ce qui compose The Electric Harpsichord m’échappe totalement. Dans le livret qui accompagne le CD, Catherine Christer Hennix expose assez longuement les principes mathématiques à la base de sa musique [il y a également deux poèmes de La Monte Young et un essai d’Henry Flynt]. Je n’y ai rien compris. Je ne sais même pas de quoi il est question. Si un expert en Mathématiques lit ce blog et qu’il a le temps et la bonté de me donner quelques explications je lui en saurai gré.

Je ne sais pas non plus quelles sont les parts de prédétermination et d’improvisation, ni la proportion entre rigueur mathématique et liberté artistique dans The Electric Harpsichord. Difficile en tout cas de le savoir à la simple écoute.

The Electric Harpsichord vous happe, vous envoûte. La musique est d’une pureté cristalline. Elle semble provenir d’un autre monde. Elle est un mystère. Non pas un mystère qui intrigue mais un mystère insondable que l’on accepte avec la force d’une évidence.

La tonalité générale est très belle. Lumineuse, presque aveuglante. Elle pourrait être sereine mais une certaine perfection inhumaine s’en dégage.

Il y a quelque chose de fluide et de chaotique dans cette musique. Elle est un fleuve qui scintille au soleil. L’immobilité en est absente. Elle s’organise en une suite de vagues successives. Le flot des notes semble en perpétuel recommencement. Les flux et reflux se mêlent aux notes tenues. Les attaques et résonances ondulent inlassablement. Les densités et les phases esquissent des motifs changeants. Des mélodies se tissent en filigrane, aussitôt apparues, aussitôt disparues.

Contrairement à de nombreux enregistrements que l’on peut étiqueter « drone », dans The Electric Harpsichord le temps ne semble pas suspendu. Il n’existe plus. Des univers semblent naître et mourir en douceur à chaque seconde. Toute temporalité est abolie. The Electric Harpsichord est hors d’échelle.

Chaque fragment, chaque son, est perceptible. Leur nombre donne le tournis. Ils saturent l’espace et semblent se démultiplier à l’infini, tantôt images de l’ensemble, tantôt détails, comme une figure fractale, une mise en abîme.

The Electric Harpsichord dure à peine 25 minutes mais pourrait durer une éternité. L’écouter est comme se retrouver seul dans un labyrinthe en mouvement dont les murs seraient des miroirs qui ne vous renverraient pas votre image.

Réédition de l’année, assurément.

Des extraits en écoute ici et

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Une Réponse to “Catherine Christer Hennix – The Electric Harpsichord (Die Schachtel, 2010)”

  1. Francky 01 Says:

    Hello Johan, cela faisait quelque temps que je voulais laisser un commentaire suite à ce post !
    Désolé, je ne pourrais absolument pas t’être d’un grand secours pour les explications sur les principes mathématiques de sa musique.
    Par contre, j’ai écouté un extrait de cette pièce musicale et j’ai eu du mal à accrocher. Mais je sais très bien qu’il faut avoir le disque entier et l’écouter au bon moment, peut être petit à petit.
    Comme pour les disques électriques de Miles ou le jazz en général à mes débuts, il a fallut un temps « d’initiation » !!! C’est une musique qui se mérite.
    Pourtant, depuis le début d’année surtout, j’écoute de plus en plus de musique que je classerai (par fainéantise) de bizarre ou étrange :
    Que se soit Ducktails, Sun Araw (ai encore du mal sur la longueur), Pocahaunted, Umberto, bref des prod’ Not Not Fun.
    Également Sonic Boom (ou le pseudo Spectrum) que j’ai écouté suite à Spacemen 3 (devenu une de mes marottes musicales) et l’excellent Spiritualized.

    Dernièrement, j’ai flashé sur des disques plus expérimentaux et « ambiant » « Tones & Zones » de Bitchin’ Baja’s, « Aleph at Hallucinatory Mountain » de Current 93, « Erroneous A Selection Of Errors » de Nurse With Wound + Larsen (véritable révélation ce disque à laquelle je ne m’attendais pas).
    Je découvre même Marc McGuire et Emeralds, dont il est le guitariste je crois.

    Bon sur ce à + +

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