Vibracathedral Orchestra – Live (Matching Head, 1999)

Face A _ Leeds 21-05-99

Ce live enregistré à Leeds commence étrangement par des accords de guitare qui semblent tout droit provenir de la côte ouest américaine durant années 60 ; comme volés aux Jefferson Airplane ou au Greatful Dead. Après quelques minutes la musique se stabilise en un ensemble de larsens. Le genre de larsens que Sonic Youth joue dans mes rêves érotiques : le final de The Diamond Sea ralenti 10 fois et ondulant sensuellement comme la mer de diamant en question. Lentement ils s’épaississent jusqu’à former une muraille épaisse, inébranlable. Strates après strates, elle se densifie, menaçante et protectrice à la fois. Quand la batterie fait son apparition, c’est un grand moment de rock chaotique et sauvage qui explose aux oreilles de l’auditeur. Imaginez toutes les fins de concerts les plus cataclysmiques de Nirvana condensées en quelques minutes et qui, le déluge passé, se transforment en un long drone flottant que vient à peine troubler une mélodie lointaine aux accents moyen-orientaux.

Face B _ Newcatles 04-06-99

Durant toute la première partie de ce live il se passe au choix, des milliers de choses ou rien du tout. Si d’une certaine manière les sonorités me font penser au psychédélisme cramé et pesant de l’album More de Pink Floyd, la musique est en revanche uniquement composée de sons tenus et de notes flottantes. Les membres du Vibracathedral Orchestra construisent petit à petit, en prenant leur temps, une musique enveloppante, en très léger mouvement, au bord de l’immobilité. Elle s’intensifie graduellement jusqu’à exploser en un déluge extatique de larsens chauffés à blanc. Rarement le groupe aura été aussi violent et abrasif, amenant sa musique sur les territoires dévastés du rock bruitiste. C’est intense, très beau et une nouvelle fois je pense à la mer de diamant de Sonic Youth. Comme cette explosion magistrale ne saurait être la fin, son écho se prolonge pendant de longues minutes  magnifiques et hypnotiques, empruntant au passage des sonorités et des rythmes à des musiques traditionnelles et folkloriques imaginaires.

Ces deux concerts aux structures assez similaires démontrent une fois de plus que le Vibracathedral Orchestra est un groupe d’une importance capitale. Un des rares qui possède ce souffle, cette étincelle vitale allumée par John Coltrane et Albert Ayler dans les années 60.

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