Chora – Plume Like (zérojardins, 2007)

Zerojardins m’a offert ce CDr en cadeau lorsque j’ai passé commande de Faux Ami (dont la chronique devrait suivre un jour). Un grand merci pour cela.

Premièrement mention spéciale pour la pochette au graphisme brut et sauvage réalisée en sérigraphie rose fluo sur un papier blanc brillant. Le contraste est très beau mais impossible à prendre en photo ou à scanner. De façon assez contradictoire c’est précisément à cause de la pochette que j’aurais eu des réticences à acheter Plume Like, craignant un jusqu’au-boutisme bruitiste et violent. Il n’en est rien, ou presque.

Chora semble avoir plus d’une corde à son arc et continue de me surprendre et de me faire désavouer mes résistances initiales vis à vis du groupe. Leur musique est bien plus variée que ce que j’étais près à croire il y a un an de cela à l’écoute des titres de leur MySpace. Le superbe Ruined Parabola ne serait donc que la partie immergée de l’iceberg.

Ce qui m’a le plus surpris à l’écoute de Plume Like c’est sa sonorité claire et acérée. Cette musique électrique et brute à une qualité presque physique, concrète. La matière électrique semble prendre corps et se matérialiser via ce que j’imagine être un bordel de câbles et de boîtiers. Elle semble être pure électricité. Il s’en dégage une noirceur viscérale et crue. Les sons semblent provenir de magnétophones défectueux, comme prisonniers de boucles infernales. Grincements et grondements déshumanisés, se perdent en échos et se désagrègent par vagues rugueuses.

Tap Head correspond au moment où les murs de sons disparaissent et où le groupe n’utilise plus que des percussions et des bruissements épurés. Étonnement ce qui aurait pu être chiant et pénible se trouve être une réussite et le groupe parvient à créer un tapis toujours en mouvement et en perpétuelle évolution. On a l’impression qu’ils continuent ce qu’ils avaient commencé avec la piste 1 mais sans l’électricité.

Peu à peu la noirceur disparaît et on bascule vers le mystère et des sonorités plus ethniques. Puis c’est le rock qui pointe le bout de son nez. La musique se réorganise et quelque chose d’autre se met peu à peu en place . La tension monte. Les guitares font leur apparition, la batterie roule. Le finale est à couper le souffle et évoque dans une certaine mesure Godspeed You Black Emperor croisé avec le Vibracathedral Orchestra.

Très belle surprise. Chora frappe encore là où je ne l’attendais pas.

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