Colossal Yes / Six Organs of Admittance – Split 7″ (Dulc-i-Tone Records, 2005)

Je me replonge dans quelques 45T que j’avais délaissés depuis un bout de temps. L’un d’entre eux est un split entre Six Organs of Admittance et Colossal Yes. Commençons par l’objet en lui-même ; j’attache une très grande importance aux disques physiques.

Il s’agit d’un 45T dont le label jaune est tamponné sur une face (j’adore les labels tamponnés), l’autre est vierge. Il n’a pas de pochette illustrée mais le disque est glissé dans une pochette de protection générique blanche. Une plaque de bois sérigraphiée fait office de pochette. Un carton format carte de visite sur lequel sont marquées les informations relatives au disque complète l’ensemble. Le tout est limité à 350 exemplaires.

A chaque fois que je tiens ce disque dans mes mains j’ai l’impression de manipuler un petit trésor.

Mais venons-en à la musique. La première face est celle de Colossal Yes. Je n’avais jamais entendu parler de ce musicien auparavant et je n’en ai jamais entendu parler depuis. Sa chanson est une ballade jouée au piano. Elle a été enregistrée chez lui par Ben Chasny sur un magnétophone 4 pistes. Il y a un bruit de fond et un souffle très important mais le son dégage une chaleur incroyable. Il possède une puissance et une intensité que le format 45T restitue à merveille. Honeycreeper Smile commence par quelques accords de piano, une mélodie assez banale et passe partout mais à la beauté directe. La voix est mal assurée. La chanson a le charme d’une démo volée, la beauté d’un moment d’intimité capté sur le vif. Quand surgit l’harmonica, elle prend une nouvelle ampleur, elle gagne en souffle et l’on pardonne comprend la retenue du départ. C’est alors une fragilité qui rappelle certaines chansons de Neil Young qui prend l’auditeur aux tripes. L’émotion tient à peu de choses mais elle est là, bancale dans le dénuement le plus total. Je ne peux m’expliquer pourquoi ces quelques accords passe-partout sonnent aussi grands et de manière aussi magique mais le son et l’impression d’intimité qui s’en dégage y sont sûrement pour quelque chose.

Sur la face B, Ben Chasny est seul à la guitare. Le morceau est entièrement instrumental. Encore une fois le son est incroyable. Il est chaleureux et direct. On entend les doigts qui glissent sur les cordes. C’est comme si Ben Chasny était dans la pièce. Là aussi la musique est d’une grande simplicité et je n’avais pas su en voir toute la beauté lors des premières écoutes. J’étais habitué à l’aspect sombre et envoûtant de la musique de Six Organs of Admittance. Le folk simple et solaire de All The Bees In The World m’avait dérouté. Il s’en dégage une joie simple, une tendresse rassurante, presque familiale. Plus je l’écoute plus je succombe à son charme.

Un disque à savourer tard le soir.

Une vidéo de Colassal Yes jouant Honeycreeper Smile en live est visible ici. Essayez d’imaginer la chanson sans l’horrible batteur.

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