Kuupuu – Kevätlauluja (autoproduit, 2004)

La musique de Kuupuu est telle la première lueur de l’aube, ou la dernière du crépuscule, c’est selon. Elle est l’instant précis, l’infime seconde pendant laquelle l’Eden agonisant s’est mué en ce monde neuf que l’homme a peuplé de ses frayeurs. Elle est le temps qui s’écoule inexorablement, l’éternité qui s’effrite. Elle est la vibration primordiale entre ce qui est et ce qui n’est pas, ce qui naît et ce qui cesse d’être.

Cette musique est insaisissable, mystérieuse et fugace. Elle pourrait aussi bien avoir été composée par le vent. Elle en a la grâce, la légèreté et l’imprévisibilité.

Le troisième morceau de l’album en est l’exemple parfait.  Ingalle, a la fugacité d’un songe et semble à peine exister. Les quelques notes inlassablement égrainées sont constamment au bord de la disparition. Onnenkuolaa et Onnenkuolaa Kaksi, vacillent comme des flammes au vent. Leurs mélodies fantomatiques jouées au piano semblent toujours sur le point de s’évanouir. Rüsiä Ja Verta quant à lui n’est qu’un lointain grondement, un souvenir claustrophobique enfoui, qui hurle et gratte aux portes de la mémoire pour venir tourmenter à nouveau.

Cet album purement instrumental est l’un des plus insaisissables de Kuupuu. Il est spectral et nimbé de l’atmosphère mystérieuse du premier matin du monde.  Je suis ébahi par tant de finesse et de beauté.

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