Christmas Decorations – Communal Rust (Community Library, 2005)

Communal Rust copie

 

J’ai découvert Christmas Decorations peu de temps après Fennesz et Tim Hecker. J’étais à la recherche de musiques belles et abstraite pouvant m’évoquer des paysages ou des lumières. ‘Communal Rust’ tombait à pique. Pas de saturations électroniques ici mais une musique cinématographique faite de brics et de brocs, assez organique, aux guitares et instruments à cordes très présents.

Le duo formé par Nick Forté et Steve Silverstein joue ce qui pourrait être vu comme la musique folk d’XXIIIème siècle chaviré. Field Recordings, sons électroniques et acoustiques s’enchevêtrent et il devient impossible de les différencier. Christmas Decorations compose une musique hybride à partir de fragments et de bribes qu’ils organisent et structurent tel des collages impressionnistes et minutieux.

L’album s’ouvre par ‘Upstage the Drips’ et ses belles slides guitares lancinantes accompagnées de bip bip électroniques caoutchouteux. On se croirait dans le désert traversant une ville fantôme en compagnie de Ry Cooder. Suit, ‘Closer to Cartpet’, plus rêveur avec une mélodie hypnotique et de longs échos à la dérive. ‘Twig Harpoon’ évoque ’Endless Summer’, l’atmosphère des sous-bois en plus, l’odeur du sable en moins. ‘Mice over feathers’ vient faire le liens entre les moments les plus oniriques et les plus sombres de l’album. On peut y entendre des bruits d’animaux nocturnes mêlés à des bruissements de feuilles et à la mélodie fantomatique et mystérieuse d’une flûte accompagnée de cordes pincées. Certains morceaux comme ‘Browing’ sont plus sombres et assez proches des visions de terreur d’un Svarte Greiner. Des cordes métalliques frottées lentement laissent s’échapper des sons sinistres. Des crépitements et des grésillements s’y mêlent accompagnés parfois par le bruit assourdi d’un ressac à peine modifié. Des bribes de mélodies apparaissent sporadiquement comme autant d’éclairs à travers les nuages. Le rythme est lent et la mélodie évoque une boîte à musique agonisante. ‘Clay Margins’ dans veine assez similaire semble passer une musique tribale à la moulinette de la musique industrielle. 

 ‘Communal Rust’ est un album qui fourmille de trouvailles et de détails. Cet album est une réussite et je suis étonné qu’il n’ai pas suscité un plus grand intérêt lors de sa sortie. Il semble en effet être passé entre les mailles pourtant bien serrées de la multitude de blogs présents sur internet. Peut être trop électronique pour les uns ou trop ‘folk’ pour les autres.

Christmas Decorations, Communal Rust, Community Library, 2005.

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