Philip Jeck – Sand (Touch, 2008)

Philip_jeck

Touch est un label anglais auquel je porte une attention de plus en plus grande du fait de la qualité constante de ses productions. Cerise sur le gâteau, ces fondateurs ont développé une esthétique cohérente et singulière. Les pochettes sont toujours de superbes photos de paysages, de textures ou de lumière, réalisées par Jon Wozencroft.

Bien que Fennesz reste pour moi la tête d’affiche de ce label, ces derniers mois j’ai fait de bien belles découvertes. La plus récente d’entre elles est le denier album de Philip Jeck intitulé Sand. J’avais découvert Philip Jeck avec son album Live at Liverpool sorti sur Autofact et le split 45 T réalisé en compagnie de Fennesz pour la série des Touch Seven. L’album et le 45T m’avaient fait forte impression. Sand plus encore.

L’album sonne comme une symphonie étrange jouée à l’envers dans une chapelle troglodyte sur une planète inconnue. Crépitements et grésillements se réverbèrent à l’infini entre de multiples couches de synthétiseurs. Un groupe de percussions malaisiennes, fantomatique comme l’image naissante d’un polaroid, se joint brièvement à l’ensemble avant de laisser sa place au souvenir d’un orchestre à cordes. Eclats violents, bribes de mélodies ensevelies, tintements de cloches, lentes distorsions et murs de bruits blancs s’imbriquent pour former un collage surréaliste, sombre et onirique.

L’album évoque un cadavre exquis. Il se tisse et s’organise entre linéarité, répétitions, retours en arrière et rebond d’une idée à l’autres. Tantôt étale, voire à peine audible, tantôt d’une rare violence, la musique de Philip Jeck se joue du temps. Une beauté lunaire et ténébreuse se dégage de Sand. C’est un réel choc esthétique et la virtuosité dont fait preuve Philip Jeck est stupéfiante. Comment fait-il pour réaliser cela en live à partir de vieux vinyles usés, de synthétiseurs, d’un mixer et d’un enregistreur de mini disques ? Comment fait-il pour juxtaposer tous ces bruits et ces fragments de sons ensemble de manière si cohérent sans que cela ne sonne jamais ni ennuyeux ni comme une débauche de technicité gratuite ?

Sand est un album merveilleux, d’une richesse inouïe qui se laisse découvrir peu à peu au fil des écoutes. Il est un univers dans lequel il fait bon plonger vers un grand inconnu.

Un titre en écoute ici.

Philip Jeck, Sand, Touch, 2008.

Étiquettes : , , , ,

3 Réponses to “Philip Jeck – Sand (Touch, 2008)”

  1. adventuresinlofi Says:

    Je découvre ce blog longtemps après celui de Joseph Ghosn et ça me ravit tant je me retrouve dans ce que vous dites, dans cette curiosité et cette ouverture vers d’autres horizons musicaux dont justement les albums du label Touch (Fennesz, Ambarchi pour ne nommer que ces deux-là). Ouverture initiée en partie grâce à Sonic Youth (autre point commun) et leur penchant pour des sonorités plus abstraites notamment avec la série des SYR. Excellent Blog!

    • johancolin Says:

      Merci pour les compliments ! J’aime bien ton blog (on se tutoie, hein !) également et je l’ai ajouté à ma liste de liens. En tout cas j’aimerai bien avoir la même productivité !

  2. adventuresinlofi Says:

    Merci 1000 fois de m’avoir ajouté, je n’en demandais pas tant! Pour ce qui est de la productivité, en fait pour le moment je fais beaucoup de copier-coller de commentaires que j’ai écris sur le site tatapoum, histoire de donner un élan au blog (mon premier, je découvre).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :