Metal Rouge – Republican Trees (Digitalis, 2009)

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Dans la série drone-acoustique-ambient-expérimental j’ai acheté 2 albums publiés par Digitalis. Republican Trees de Metal Rouge et Atomic Weekender de Caboladies. Plutôt habitué aux CDr, le label vient de sortir plusieurs vinyles et d’autres sont programmés pour bientôt. C’est bête à dire mais une fois utilisés les mots drone, ambient et expérimental que peut-on ajouter pour parler de cette musique ? Qu’est ce qui différencie ces albums du reste de la production de cette micro scène hyper prolifique ? Pourquoi se distinguent-ils des autres alors qu’ils utilisent les mêmes ficelles et qu’ils ne comportent que de longues improvisations sans aucune mélodie ni aucun rythme susceptibles de marquer les esprits et de les rendre aisément identifiables. Après tout il s’agit ni plus ni moins que de crissements, de bourdonnements, de notes tenues et des percussions éparses comme des centaines d’autres albums. Les mots me manquent et j’ai du mal a le dire précisément, sinon que contrairement à la quasi-totalité des productions de type similaire, Republican Trees et Atomic Weekender ne sonnent jamais comme des expérimentations creuses et ennuyeuse mais s’écoutent avec plaisir du début à la fin.

Commençons par Republican Trees, je consacrerai un autre article à Atomic Weekender ultérieurement. Metal Rouge est un duo originaire de Nouvelle Zélande composé de Helga Fassonaki and Andrew Scott. La face A est occupée par un unique morceau, assez proche de ce que peut faire Pelt, intitulé Perfect Failure. Il s’ouvre par ce qui ressemble à des sons de cloches lointaines accouplées à des crissements et des pincements de cordes. La musique est dense et évoque le flux et le reflux d’une mer tranquille. Les strates de sons se superposent, vont et viennent à intervalles irréguliers. Elles composent un matelas sur lequel s’organisent divers instruments à cordes. Les sonorités sont métalliques et se composent principalement de grincements et cliquetis. Ce matelas ne tarde pas à se densifier,  se charger de lourds accords de guitares jusqu’à devenir de plus en plus proéminent et exploser dans un déluge de drones et de guitares noyés sous des chapes de saturations.

La face B s’ouvre de manière extrêmement agressive avec le très court Sea of Okhetsk. Une guitare abrasive et répétitive est malmenée et déchire les tympans tandis que des cloches sont secouées frénétiquement. Le bruit est infernal et on est submergé. Les percussions s’effacent et la guitare continue presque seule pour finalement se dissoudre peu à peu en échos avant de mourir définitivement. Le second morceau Lite Storms occupe le restant de la face B. Il commence avec des clameurs qui se déforment lentement et se réverbèrent à l’infini pour se muer en un grand chant cosmique. Le tout sur fond de strates de bruits évoquant une centrale électrique dont Throbbing Gristle aurait pris le contrôle. L’atmosphère est malsaine et angoissante. On se retrouve embarqué dans une lente et inexorable dérive dans le vide intersidéral. La température frise le zéro absolu et l’obscurité est totale. Après un long moment, la musque industrielle se noie dans un océan de réverbération tandis que les voix se font de plus en plus plaintives et suppliantes. Le final est terrifiant et apocalyptique.

Cet album est une très bonne surprise. D’une part il est maîtrisé et bien produit. Il ne tombe à aucun moment dans les travers des nombreux albums sans queue ni tête, maladroitement outranciers et bruitistes qui se cherchent et n’arrivent jamais nulle part. D’autre part il est varié, parfois paisible, d’autre fois violent. Qui plus est avec Lite Storms, pour moi le morceau le plus impressionnant de l’album, il lorgne du côté de la musique industrielle cosmique et hallucinogène, ce qui n’est pas pour me déplaire.

L’album a été pressé à 100 exemplaires uniquement et arrive dans une pochette sérigraphiée assez laide qui se déplie en 3 volets. Si vous en voulez un, dépêchez-vous. Procurez-vous le ici. Visitez leur site Myspace .

Metal Rouge, Republican Trees, Digitalis, 2009.

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