Nirvana – From the Muddy Banks of the Wishkah

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Ma copine vient de s’acheter des SIMS 3 et monopolise désormais l’ordinateur. Je me suis donc acheté un petit carnet pour écrire mes billets car je n’ai plus accès au traitement de texte. En commençant mon premier article fait main (que j’ai mis en pause pour écrire celui-ci) je me suis vite rendu compte que le dictionnaire des synonymes intégré au logiciel me manquait. Hop , je prends la voiture et vais faire un tour à l’espace culturel pour en acheter un en format papier. Direction le rayon dictionnaires. J’en choisi un (le Robert) et pars faire un tour au rayon musique. Comme d’habitude il y a beaucoup de tentations mais je résiste. Je me dirige enfin vers les caisses et passe devant un bac de promos. Mon œil est attiré par des CDs de Brian Eno et puis je vois From the Muddy Banks of the Wishkah. Je ne sais pas très bien pourquoi je n’ai pas acheté cet album à sa sortie en 1996, vu que Nirvana était un de mes groupes préférés. J’étais fan de ce qu’on appelait alors Grunge, je voulais connaître tout ce qui émergeait de Seattle. Aujourd’hui je me demande ce que Grunge peut bien vouloir dire tant il y a maintenant à mes yeux peu de points communs entre Nirvana, Pearl Jam, Soundgarden, Alice in Chains et les Screaming Trees. A l’époque j’étais jeune, j’étais à fond dedans, je ne me posais pas la question et j’avais bien raison. Enfin bref, à la vue de ce CD je me dis que je réécouterai bien un peu de Nirvana, chose que je n’ai pas faite depuis des années sauf peut être le Unplugged, mais cela est une autre histoire.

Quand Nirvana a explosé en 1991 avec la sortie de Nevermind, j’étais jeune (11 ans) et j’écoutais de la dance. 2 Unlimited était le meilleur groupe du monde. Comme beaucoup de personnes à l’époque j’ai découvert Nirvana avec  Smell like teen spirit et comme beaucoup de personnes j’ai bien aimé. Cependant la musique du groupe n’a pas changé ma vie et j’ai continué à écouter de la Dance et un peu de U2 aussi. Ma voisine était fan absolue du groupe, elle n’écoutait que ça. Elle a bien essayé de me convertir mais pour mes oreilles d’adolescent de 11 ans Nirvana était inécoutable, c’était du bruit. Je trouvais cela hyper violent et crade, je n’aimais que les singles. J’étais pourtant assez intrigué par le côté sulfureux du groupe. Charles Louis, le mec le plus cool de ma classe (il avait les cheveux longs et portait des Doc Marteens et des Levis 501) m’avait certifié que pendant leurs concerts, les personnes du premier rang se vomissaient les uns sur les autres. La musique de Nirvana ne m’est devenue accessible qu’après la mort de Kurt Cobain. Même si je ne connaissais pas très bien le groupe à l’époque, je me souviens en revanche très bien de l’instant où j’ai appris la mort de Kurt Cobain. C’était en allumant la radio. Il y avait une chanson de Nirvana qui passait, une autre a suivi, puis une autre encore. Il y a eu un bruit d’appareil médical qui indique les pulsations cardiaques. Bip – Bip – Bip – Bip – Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii. Silence. Le présentateur a annoncé que Kurt Cobain le leader de Nirvana s’était donné la mort. C’était sur M40 (quelqu’un se souvient de cette radio ?). Après ces mots la musique du groupe ne sonnait plus pareil pour moi. J’ai écouté l’émission spéciale dédiée à Nirvana jusqu’à la fin sans trop réaliser ce qui se passait mais en sentant que quelque chose avait changé. Quand on a 14 ans l’idée de la mort est assez lointaine et c’est comme si je venais d’assister en direct à celle de Kurt Cobain. La musique de Nirvana n’était plus seulement cool et à la mode. Subitement elle devenait l’œuvre d’un homme, l’expression de trop de souffrances si terribles que leur auteur ne voulait plus vivre. Les chansons n’étaient dès lors plus de l’ordre du divertissement mais elles acquéraient une stature, une aura supérieure qui leur conférait le statut d’une œuvre d’art, la puissance d’un symbole. Subitement elles me touchaient, me parlaient, me fascinaient. Le bruit se muait en extériorisation d’une douleur intérieure. Puis Nirvana est devenu une icône, un monstre sacré au panthéon du rock, le symbole des années 90. Kurt Cobain, génie suicidaire est devenu un cliché surexploité. Un consensus mou s’est installé, le marketing adolescent a vidé Nirvana de sa substance. Reprendre une chanson du groupe pourra même servir de caution rock pour la Star Académie.

J’ai continué à aimer la musique de Nirvana mais je l’ai écouté de moins en moins souvent, je suis passé à autre chose (ceci n’est pas un mea culpa. Passer à autre chose, continuer de découvrir de nouvelles musiques est salutaire. Ecouter continuellement la même chose, ne pas tuer ses idoles ne serait-ce qu’un instant est le premier symptôme de la vieillesse). Réécouter les morceaux de Nirvana sur From the Muddy Banks of the Wishkah est une bouffée d’air frais. Ce live est en fait un assemblage de différentes performances s’échelonnant entre 1989 et 1993 mais le gros des titres a été enregistré en 1991. Il témoigne de la sauvagerie et de l’énergie dont le groupe pouvait faire preuve sur scène. Les  morceaux sont délivrés avec hargne et fureur. Le groupe est constamment sur la brèche et dévaste tout sur son passage. Ce live est brut et sauvage, terriblement agressif. Le son est crade et Kurt Cobain hurle de toute sa voix éraillée. On est bien loin des versions studios propres et bien produites. Il suffit d’écouter la version démentielle de Aneurysm ou la rage électrique qui se dégage de Smell Like Teen Spirit, morceau pourtant usé jusqu’à la corde par les médias. Scentless Apprentice est frénétique et au bord du chaos, Negative Creep complètement ailleurs. Cerise sur le gâteau, le choix des titres est loin d’être consensuel. L’album n’est pas un best of live. Il n’y a que peu de singles et la part belle est fait aux morceaux les plus hargneux du groupes voire même aux faces B.

Cela faisait près de 14 ans que je n’avais pas acheté un album de Nirvana mais je retrouve les sensations de mon adolescence. De cette musique se dégage toujours un sentiment d’urgence, de perte de contrôle, de menace et de danger qui avaient tant marqué mon imagination adolescente. Sur From the Muddy Banks of the Wishkah, Nirvana sonne comme un groupe éternellement jeune. Leur musique exalte la vie, la colère et l’énergie. Elle est la quintessence d’une certaine idée du rock : la déflagration furieuse d’une force primaire et vitale.

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Une Réponse to “Nirvana – From the Muddy Banks of the Wishkah”

  1. Fred Says:

    Tu devrais réécouter l’album !No Limits! de 2 unlimited, ça a plutôt bien vieilli. C’est comme les albums de John Scatman, ça se bonifie avec le temps.

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