Posts Tagged ‘rock’

Emprunt médiathèque #1

27 septembre 2014

big star coffret

Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas écouté Big Star plus tôt, alors que les albums du groupe se retrouvaient systématiquement dans les listes des meilleurs albums de rock. Enfin si,  je crois que j’avais vaguement écouté des morceaux sur Youtube sans avoir accroché et en me demandant ce que tout le monde pouvait bien trouver à cette « pop assez classique » qui ne collait pas à l’image que je me faisait d’une musique de beautiful losers. Je crois surtout qu’il faudrait arrêter de nous le vendre comme un groupe maudit, au destin tragique (du pathos, encore du pathos) ; qu’on arrête avec l’étiquette power pop (étiquette qui me fait fuir alors que je n’ai jamais réussi à comprendre ce qu’elle veut dire) ; qu’on arrête de coller les Beatles à toutes les sauces.

Malgré les premiers rendez-vous ratés, j’ai quand même persisté et j’ai décidé de donner une autre chance à Big Star. Heureusement car je suis maintenant amoureux de #1 et de 3rd (on va encore attendre un peu pour Radio City).

 

Jonathan Fire Eater – Tremble Under Boom Lights (The Medecine Label, 1996)

12 mars 2011

C’est en farfouillant des mes CD que je suis retombé l’autre jour sur cet EP, qu’il est vrai j’avais quelque peu oublié. Comme beaucoup d’autres il était resté en pension chez mes parents car tous mes disques ne me suivent pas dans mes multiples déménagements. C’est avec une pointe de nostalgie que je réécoute Jonathan Fire Eater.

Il me semble que je l’avais découvert par l’intermédiaire du magazine Rocksound. Dans la chronique qui lui était consacrée il devait être question d’un état d’esprit similaire au Jon Spencer Blues Explosion ou quelque chose dans le style. J’avais 15 ou 16 ans et je venais de découvrir le blues énervé de Jon Spencer via son album réalisé avec R.L. Burnside. L’idée qu’un autre groupe puisse œuvrer dans le même style le rendait immédiatement désirable. Le hasard a voulu que justement quelques jours ou semaines plus tard je tombe sur Tremble Under Boom Lights chez feu le disquaire qui se trouvait en haut de la rue des boucheries à Quimper (j’ai oublié le nom du magasin). Le EP était là mais en import, donc très cher, en tout cas pour mes faibles moyens de lycéen. J’ai quand même demandé à l’écouter. J’ai immédiatement été séduit mais la question était de savoir si je l’étais suffisamment pour dépenser 120 F dans un CD qui n’avait que 5 chansons (à cette époque quand j’hésitais entre deux albums j’achetais systématiquement celui qui avait le plus de morceaux, histoire de rentabiliser l’achat au maximum). Je suis reparti du magasin sans le CD, la musique résonnant encore dans ma tête. Ce n’est qu’arrivé à la voiture où m’attendait ma mère que je me suis dit merde. Je lui empruntais l’argent, lui demandais de patienter 5 minutes et retournais en courant chez le disquaire. Je n’ai jamais regretté mon achat ni la somme dépensée. J’ai de plus fait le bonheur de pas mal de mes amis car le CD est passé de mains en mains et de cartables en cartables, ce qui explique qu’il soit pas mal abîmé. C’est aussi à cela que l’on reconnaît les disques qui ont compté : à leur état d’usure.

Jonathan Fire Eater ne ressemble pas au Jon Spencer Blues Explosion mais les deux groupes partagent quelques points communs et une certaine affection pour le son rétro du rock garage des années 60. Cependant là où le Blues Explosion fait la part belle aux guitares, Jonathan Fire Eater se distingue par l’utilisation de l’orgue farfisa. C’est en effet cet instrument qui donne sa particularité à la musique du groupe. Chaque morceau repose sur un riff d’orgue imparable et instantanément mémorisable.

Aux sons acides et chaleureux de l’orgue viennent s’ajouter les sonorités aiguisées et tranchantes des guitares. Elles sonnent comme une mise à jour du son des années 60 via la No wave dissonante. Ajoutez à cela une section rythmique impeccable, carrée et dansante et la voix aux intonations terriblement sexuelles de Stewart Lupton, sorte de croisement à la morgue toute adolescente entre Mick Jagger et Jon Spencer, et on obtient un résultat vraiment addictif. Les cinq morceaux qui composent le EP sont tous sensationnels. The Search For Cherry Red ouvre l’album par un vrombissement l’orgue. Quand les premiers accords de ce dernier résonnent enfin accompagnés pas la batterie syncopée et le basse hypnotique on sait que l’on va assister à un grand moment de rock’n roll et ce ne sont pas les déflagrations électriques et acérées de la guitare de Paul Maroon qui nous feront penser le contraire.

Les riffs d’orgue de Make it precious et de The Beautican semblent tout droit sorti de la B.O. de Pulp Fiction. Là encore tous les musiciens sont parfaits. La cohésion entre les membres du groupe est forte. Jonathan Fire Eater a un son abouti qui lui est propre malgré les références évidentes. Pas vraiment de nostalgie ici. Pas d’hommage trop révérencieux non plus. Juste la perpétuation d’un héritage que l’on a assimilé. Le son des années 60 via 1996, parce que c’est bon tout simplement.

Give Me Daughters est sans doute le morceau le plus dansant du EP. Le groove est irrésistible et vraiment jouissif. Je ne peux m’empêcher de penser que c’est ce que Duffy a essayé de faire avec son tube Mercy. Sauf que Jonathan Fire Eater est mille fois plus rock et hargneux. La musique sent la sueur et la testostérone. Même quand le groupe réduit sa musique à une basse et une batterie, la demoiselle ne peut rivaliser, trop occupée à savoir si sa coiffure et toujours en place et si son visage prend bien la lumière. Là où Duffy se repose sagement sur une esthétique et s’en sert pour donner une coloration à son moreau, Jonathan Fire Eater explose et déborde de vie et d’arrogance. Ils ne se reposent pas sur des références ou des clins d’œil, ils sont les références.

La musique est hargneuse et tendue. Jamais les musiciens ne relâchent la pression même dans les moments les plus calmes comme Winston Plum : Undertaker. Si le Blues Explosion frise par moment l’hystérie, Jonathan Fire Eater déborde d’une rage classieuse. Le groupe s’inscrit dans la lignée des groupes de jeunes gens bien habillés qui durant les années 60 ont pondu des singles magistraux, plein d’élégance et de rage revêche, je pense notamment aux Artwoods dont le gars derrière l’orgue ira officier chez Deep Purple. C’était peut être donc là la destiné de Jonathan Fire Eater. Excellé le temps d’un magnifique  EP et disparaître après un second album qui n’avait pas l’énergie des premiers essais, tout comme certains de ses aînés 30 ans plus tôt.

PS : Après avoir dissout le groupe en 1998, les musiciens se sont reformés avec succès sous le nom The Walkmen, mais sans le chanteur parti chez The Childballads.

Retrouvez également cette chronique sur SUBSTANCE-M.

The XX – XX (Young Turks, 2009)

26 février 2011

XX aura fait couler beaucoup d’encre. Difficile de passer à côté de sa sortie. Hype comme on dit maintenant.

Alors même que je commençais à décrocher de la scène indé et que le revival cold wave/année 80 commençait à sérieusement me taper sur le système, les XX ont débarqué et ont réussi à insuffler de la fraîcheur en reprenant la plupart des poncifs du genre: chant distant, basses rampantes, guitares cristallines, atmosphères neurasthéniques. D’une certaine manière, il est vrai que les XX ne proposent rien de neuf, rien qui n’est été entendu des dizaines de fois auparavant. Ils le font cependant avec une fraîcheur rare et précieuse. Ils se situent à l’extrême opposé de groupes tels que The Horrors. Primary Colours (quelle subtile référence, j’aurais dû me méfier…), leur dernier album en date, m’avait dans un premier temps fortement impressionné, j’avais même failli l’acheter. Je les ai ensuite vus en concert à la Route du Rock en 2009: j’ai écouté 2 chansons et je suis allé au bar. Ces mecs sont des clichés, des poseurs. Ils sont très compétents, certes. Ils connaissent leurs classiques sur le bout des doigts. Ils ont digéré jusqu’au plus infime détail de coiffure l’esthétique cold wave et la restituent avec brio. C’est bien le problème. Tout est trop parfait, calculé. Ils jouent un rôle, ils appliquent des recettes. Aussi savoureux que soit le résultat c’est précisément ce qui m’horripile le plus au monde. Ils sont déjà vieux, ils ressassent.

A l’inverse, les XX sont jeunes. Ils le sont aussi à l’état civil, les deux filles et les deux garçons ont une moyenne d’âge de 19 ans, et c’est peut être justement grâce à ce jeune âge qu’ils ne sont pas écrasés par le poids de l’héritage de leurs aînés. Ils sonnent comme s’ils inventaient la cold wave, sans jamais s’excuser de ne pas avoir eu 20 ans en 1980. Ils ont l’assurance de la jeunesse et cela fait plaisir. Les Young Marble Giants et la dubstep s’unissent sans aucun jugement de valeur. XX a le son du Londres des années 2000. Aucune nostalgie, le présent est là, le spleen et la candeur de l’adolescence n’a pas d’époque. Avec ce mélange des genres, le groupe a miraculeusement développé une identité, un son instantanément reconnaissable qui lui est propre.

J’aime XX pour sa sobriété. C’est par ailleurs la production, limpide et inventive qui permet aux chansons, d’une simplicité parfois désarmante, de ne pas s’écrouler. Les titres sont courts. les XX ne tournent pas autours du pot. Tout est direct et frontal. Les chansons se finissent même souvent de manière abrupte, en queue de poisson, pour laisser place à la suivante. Du coup, malgré la neurasthénie, le sentiment d’urgence et la tension sont quand même là. Étonnamment la musique ne sonne jamais sinistre. Elle n’est pas plombée par une noirceur écrasante. Elle est noire mais pas sans espoir, pas désespérée. Juste un peu déprimée, pas dépressive. Comme beaucoup de musiques qui me touchent elle incarne l’adolescence éternelle. Entre enfance et âge adulte, mal à l’aise, habillée en noir donc, elle est cependant prête à en découdre avec l’avenir. Je pense souvent au In My Room des Beach Boys mais enregistré en 2010 dans un quartier pourri de Londres. Alors bien sûr, ici pas d’harmonies vocales à couper le souffle mais une jolie alternance entre une voix de garçon et une voix de fille. Deux voix jeunes, sensuelles et touchantes.

Bien souvent les compositions reposent sur peu d’éléments. Pour VCR se sont les quelques notes de xylophone d’entrée et une ligne de guitare. Pour la petite histoire, c’est avec cette chanson que j’ai succombé à l’album. C’est en l’entendant par hasard chez Bernard Lenoir, sans qu’elle soit annoncée, que j’ai été séduit par sa pureté et sa simplicité. A l’inverse quand je l’avais écoutée les premières fois avec une oreille avide, elle m’avait laissé de marbre. J’avais bien failli passer à côté du groupe. C’est parfois le problème quand on écoute un titre en faisant la démarche de la découverte, après en avoir entendu parler dans un magazine ou sur un blog : on en attend quelque chose. Quand on est pris par surprise, on n’est pas sur ses gardes et donc plus enclin à être étonné et connaître le grand frisson de la stupeur pop.

Islands est assurément l’un des titres les plus accrocheur de l’album, j’aurais pu également succomber avec lui. Il fourmille d’idées mais celles-ci ne durent jamais plus de quelques secondes. La géniale boucle de guitare d’intro (admirablement bien traduit dans le clip) un break par ci, deux notes de guitare en contrepoint par là. Cette façon de faire des XX se retrouve sur quasiment tous les titres dont notamment, Basic Space, autre single évident. L’intro est minimaliste à souhait un accord de synthé, deux notes de basse et des bruissements de percussions légères. Alors quand le refrain part d’un coup et que les beats métronomiques font leur apparition, difficile de ne pas bouger la tête en rythme. Après la chanson évolue de manière constante et subtile, les instruments vont et viennent, apparaissent et disparaissent. Le rythme régulier devient subitement et momentanément syncopé, l’espace d’une seconde la basse rigide prend des allures funky, le tout avec une fluidité et une aisance déconcertante. Autre exemple avec Heart skipped a beat : à 1’11″, une fausse monté de 15 secondes qui s’arrête net avant de laisser la place à des beats plus prononcés qui eux dureront 20 secondes avant que la chanson ne retombe dans une douce mélancolie. A 2’22″ une ligne de guitare commence mais la chanson ne prend toute son ampleur qu’à 3’03″ et cela pour uniquement 30 secondes. Même configuration pour Night Time qui ne décolle pratiquement qu’à la fin. Une chanson des XX c’est un peu comme un épisode des Simpson, le début n’a absolument rien à voir avec la fin. Il y a toujours des histoires dans l’histoire.

Les XX ont le sens de la mise en scène et de la mesure. L’album est très bien construit. Les tires plus évidents et pop alternent avec les titres les plus atmosphériques. Tous ne sont pas mémorables mais ils participent grandement à l’ambiance de l’album. Certains sont même tellement atmosphériques et minimalistes qu’ils menacent de disparaître comme Fantasy, interlude hyper gonflé, parce que là, il n’y a quasiment plus rien, juste un synthé vaporeux et distant et quelques notes de guitares égrainées sur une ligne de basse à une note. Il y a cependant une raison à ce dénuement, cet interlude n’est là au final que pour renforcer le titre suivant Shleter qui est si délicat et fragile qu’il aurait été bouffé s’il avait été précédé d’un autre titre.

D’autres morceaux dont la composition est moins éclatante que celle des singles tirent cependant leur épingle du jeu. Après un titre comme Basic Space, Infinity, qui rappelle étrangement Chris Isaac, aurait pu tomber à plat, mais cela est sans compter sur la qualité de la production ultra inventive mais jamais tape à l’oeil de Jamie Smith. Car si Infinity est en apparence assez simple, quand on tend attentivement l’oreille, on se rend compte de tous les petits détails en arrière plan qui lui donnent de la consistance (écoutez attentivement les percussions qui ressemblent étrangement à un gimick de salsa.)

Les XX ont de l’assurance et ils en font preuve jusqu’au bout. Il faut avoir du cran pour finir un album par une chanson comme Stars. Elle est en effet l’une des moins mémorables que je connaisse mais sa fin abrupte clôt l’album comme des points de suspension. Elle laisse résonner le silence et nous laisse sur notre faim à attendre, parce que non, on ne finit pas un album comme cela.

On verra bien si les XX arrivent à donner un successeur à ce premier album. Plus d’un groupe se sont cassés les dent sur cet exercice délicat. En tout cas je l’attends de pied ferme.

L’album est en écoute sur Deezer et l’album de remix de Gil Scott-Heron par Jamie Smith est en écoute en intégralité sur le site du Guardian.

Cette chronique est également chez SUBSTANCE-M

Magik Markers – Boss (Arbitrary Signs, 2007)

17 janvier 2011

Quand des groupes se cantonnent au bruit et à l’agression continue ce n’est pas toujours parce qu’ils ne savent pas écrire de chansons ou jouer de leurs instruments.

Je n’avais pas vraiment accroché avec les Magik Markers, trop de bruit, trop de fureur. Les larsens de l’intro du premier titre de Boss, Axis Mundi ne m’avaient pas vraiment rassuré à la première écoute. Je m’attendais alors à ce que l’album soit un nouvel assaut frontal sans compromis. Rien ne laissait présager la suite : une vraie chanson, avec des paroles, un rythme, des riffs, une ligne de basse. Et quelle chanson ! Axis Mundi suinte le danger par chacun de ses pores et possède un groove lourd et sexuel. Sa ligne de basse au psychédélisme désabusé évoque le désert et un soleil de plomb. Même le passage free au milieu du morceau est contenu et réussi à se lover dans le cadre strict du format rock.

Mais ce n’est là que le premier titre et le meilleur reste à venir. Le groupe enchaîne avec Body Rot qui est l’un des morceaux que j’ai le plus écouté en 2007. En le redécouvrant en 2011 il me parait toujours aussi addictif. Peter Nolan derrière sa batterie propulse le morceau à un train d’enfer tandis que Elisa Ambrogio semble vouloir tout détruire à coup de riffs incisifs. Survitaminé, envoyé pied au plancher, les aiguilles dans le rouge, Body Rot emporte tout sur son passage.

Le troisième morceau, Last Of The Lemach Line, est plus posé mais maintient brillamment la tension. La musique est constamment sur le point de rupture, dérangée, prête à exploser. C’est une plongée en eau trouble et Elisa Ambrogio n’a jamais sonnée aussi vénéneuse et sexy.

Arrivé à ce point, rien ne peut cependant préparer à ce qui va suivre : une ballade au piano. C’est bien l’une des dernières choses que l’on pouvait attendre des Magik Markers. Qui aurait pu prévoir cela ? Et le pire est qu’ils s’en sortent haut la main. Ils poussent même le vice jusqu’à parsemer la fin du Empty Bottles de touches délicates de métallophone. Délicat ne veut pas dire mièvre et grâce au son crade du piano, le morceau fait figure de ballade de paumés au petit matin dans un bar punk et garde ainsi une certaine continuité avec le reste de l’album.

Après une telle face A on se demande ce que peut réserver la face B. Et bien à peu près la même chose. Pas de baisse de régime. Les Magik Markers ouvrent même les hostilités avec Taste qui aurait du être un tube. Un grand moment de rock cradingue, rampant et sensuel. Le morceau finira même sur la liste des meilleurs titres de l’année 2007 de Pitchfork.

Four / The Ballad Of Harry Angstrom est une fausse ballade en spirale descendante. On baigne ici dans les même eaux troubles que Last Of The Lemach Line, mais l’ambiance est plus pesante. Tout semble aller au ralenti de manière très malsaine. On étouffe.

Pat Garrett prend quelques libertés avec le format rock, ce sera la seule exception notable de l’album. C’est un titre instrumental composé de murs d’effets et de pédales de distorsions en tout genres. Si les Emeralds faisaient du rock bruitiste ça pourrait ressembler à cela, sinon on pense également à Sonic Youth et leur Daydream Nation (on y pense très fort depuis le début de toute façon). D’une certaine manière c’est assez normal, Lee Ranaldo produit l’album et joue sur plusieurs titres.

Avec Bad Dream / Hartford’s Beat Suite les Magik markers nous prouvent que la ballade au piano qu’était Empty Bottles n’était pas qu’un heureux coup de chance mais qu’ils peuvent le refaire et en mieux qui plus est. Pas de piano ici mais une guitare nocturne et douce ainsi qu’un glockenspiel joué par Lee Ranaldo. Le titre est à la fois sombre et rêveur et véhicule une certaine mélancolie teintée d’innocence.

L’album aurait pu se terminer sur cette touche légère mais Peter Nolan et Elisa Ambrogio en ont décidé tout autrement. C’est Circle et ses allures de fin du monde, ses guitares rugissantes et ses bruits électroniques qui clôtureront Boss.

Trois après sa parution j’aime toujours autant cet album. Hormis la qualité des compositions c’est aussi le son qui donne sa force à l’album. Il est sale et chaud, rond et puissant. Il sature l’air. C’est en partie pour cela que les ballades ne sonnent jamais apaisées. Même les silences saturent.

Boss fait figure de parenthèse enchantée dans la discographie de ce groupe (tout le monde n’est pas de cet avis et certains crient à la trahison) que j’ai depuis un peu perdu de vue. L’album qui l’a suivi Balf Quarry restait sur des territoires rock assez proches mais avait peiné à me convaincre. Je m’en vais cependant de ce pas l’écouter à nouveau, Boss m’a ouvert l’appétit.

Retrouvez cette chronique sur SUBSTANCE-M

Nirvana – Unplugged (Geffen, 1994)

20 décembre 2010

Je n’ai jamais vraiment regardé MTV. Je n’ai jamais reçu la chaîne. Les seules fois où j’ai pu y jeter un œil c’était chez un copain dont les parents étaient abonnés à un bouquet satellite. Ce que j’ai pu en voir m’avait paru assez pathétique. C’est vraiment surprenant que ce live soit le produit d’une telle chaîne. Il est l’antithèse absolu de tout ce que MTV m’inspire.

J’avais tout juste 13 ans quand ce concert a été enregistré. Charles-Louis le mec cool de ma classe m’avait expliqué que unplugged était un jeu de mot, que ça voulait dire débranché alors que bien sûr Nirvana était un groupe branché. Je sais aujourd’hui que ce n’est pas tout à fait exacte mais le point de vue n’est pas inintéressant et non dénué de charme. Il est vrai qu’écouter Nirvana à l’époque c’était être à la mode.

Avec le recul j’ai du mal à réaliser que ce groupe que moi et des millions d’autres ados lambda pouvions écouter à la radio soit devenu à ce point une icône. Ça écoute quoi aujourd’hui un ado de 13 ans ? C’est peut être la dernière fois que cela s’est produit dans le rock.

C’est aujourd’hui aussi que je réalise que ma petite histoire a croisé la grande. A peine quelques années plus tard, alors que je découvrirais émerveillé les groupes des années 60, je me lamenterais de ne pas avoir eu 20 ans en 1967 et de ne pas avoir connu Woodstock. Je me disais que cela avait dû être merveilleux d’avoir connu et écouté tous ces groupes cultes de leur vivant. Je ne réalisais pas que :

  1. Peu de personnes en France les écoutaient. Claude François était bien plus populaire.
  2. C’étaient juste des groupes, pas encore des icônes. Des groupes parmi tant d’autres, juste un peu meilleurs.

Je ne réalisais même pas que j’avais fait avec Nirvana l’expérience que j’aurais voulu faire avec les Doors. J’ai écouté Nirvana en vivant de manière insouciante l’instant présent, sans me poser trop de questions. Pourquoi aurais-je fait différemment en 1967 ?

Plus j’écoute Nirvana, plus je réalise à quel point c’était un groupe incroyable. Je me rends compte également que leur musique a résisté à l’épreuve du temps. Je n’aurais pas forcément parié sur eux à l’époque et pourtant tout ce pour quoi je me suis passionné n’a malheureusement pas aussi bien vieilli.

On a fait de Kurt Cobain un martyr et une icône. Le dernier en son genre. Tout cela n’est qu’une posture de journalistes pour impressionner les foules, pour pouvoir utiliser des raccourcis et des phrases toutes faites, pondre des titres racoleurs. Ce live nous rappelle que Kurt Cobain était avant tout un homme. Cet album est une plongée dans son intimité. Un cadeau de Kurt Cobain envers ses fans. Sur les 14 titres seuls 8 sont des compositions du groupe. Des esprits chagrins, des fâcheux, avaient commenté à l’époque que c’était parce que les chansons de Nirvana ne tenaient pas la route en version acoustique, que le dépouillement ne faisait que révéler le simplisme de ces quelques accords enchaînés. Faux. Ils n’ont rien compris. Cet album n’est pas un simple live durant lequel un groupe vient jouer ces morceaux pour ravir son public. C’est une page arrachée d’un journal intime, une plongée dans l’univers personnel des musiciens. Ils interprètent ici les chansons qu’ils aiment et invitent leurs potes à venir chanter avec eux. De quel plus beau cadeau peut on rêver ? Quel autre disque peut rivaliser avec celui-là sur ce point? La bande à Kurt Cobain n’est pas là pour interpréter ces tubes devant un public transi, ils sont là pour partager. Il n’est plus ici question de rock. On se rapproche plus d’une certaine idée du folk ou des musiques folkloriques ; de leur idéologie de la transmission et du partage des chansons, de chanteurs à chanteurs, et de chanteurs au public. C’est pas un boulot, y’a pas de copyright, juste le plaisir de partager.

Nirvana nous prouve ici qu’ils sont bien plus qu’un simple groupe pour adolescent frustrés. Les musiciens possèdent plus d’une corde à leur arc et sont capables de totalement réinventer leurs propres compositions comme About a Girl, le titre d’ouverture qui gagne ici en évidence et rayonne du début à la fin, alors que la version originale paraissait assez anecdotique sur l’album Bleach. Même les titres emblématiques tels que Come As You Are trouvent une nouvelle jeunesse avec une facilité déconcertante.

Le groupe prouve aussi que sa palette sonore et son jeu sont bien plus riches et subtils que la saturation à outrance et les accords rageurs. Pas mal de fans ont dû être déconcertés par l’accordéon de Jesus Doesn’t Want Me for a Sunbeam, magnifique reprise des Vaselines. De même la cohésion des musiciens sur The Man Who Sold The World est juste ahurissante et ils transcendent littéralement la chanson de David Bowie.

Pour trois titres ils invitent les Meat Puppets à venir jouer leurs morceaux avec eux : Plateau, Oh Me et Lake of Fire. Sacré coup de pouce. Les trois titres sont touchés par la grâce et n’ont pas à pâlir face au reste de l’album. La complicité entre les deux groupes est évidente.

Mais le plus grand joyau de l’album est sans l’ombre d’un doute la voix de Kurt Cobain. Elle n’aura jamais été aussi bien mise en valeur qu’ici. Elle n’aura jamais été aussi belle tout simplement. Est-il possible de ne pas frissonner à l’écoute de Pennyroyal Tea ?

On mesure ici l’étendue du gâchis que représente la mort de Kurt Cobain. Quand on voit à quelle vitesse le groupe a mûri et à quel degrés de maîtrise il arrive ici on ne peut que fantasmer sur ce qu’il aurait pu devenir. L’ultime morceau de l’album, Where Did You Sleep Last Night, chanson traditionnelle reprise par tous les bluesmen et popularisée par Leadbelly, n’en est que plus cruel. Il révèle que Kurt Cobain aurait pu être un gigantesque chanteur de blues. Et je me mets à rêver d’un album de Nirvana rempli de reprises aussi stellaires que celle-ci, de blues et de folk âpres et rugueux comme la voix de Kurt Cobain, ou de duos avec Neil Young.

Regrets éternels.

Retrouvez cette chronique sur SUBSTANCE M



Brian Eno – Another Green World (Island, 1975)

12 novembre 2010

Vers la fin des années 90, au hasard d’un dépôt vente, c’est avec Another Green World que j’ai découvert la musique de Brian Eno. Je ne sais plus ni quand ni comment mais j’avais entendu parler de lui quelque part ; sûrement en des termes élogieux. J’avais retenu son nom et je voulais en savoir plus. Intrigué je sors le vinyle du bac dans lequel il se trouvait et je commence à l’inspecter. En lisant les crédits sur la pochette arrière je tombe nez à nez avec les noms de Phil Collins (j’aime la première mouture de Genesis) et de John Cale (le premier album du Velvet Underground est le plus grand album de rock de tous les temps). Vendu. Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de découvrir cet album et de l’acheter sans même en avoir entendu une seule note. Le même jour je repartais avec Faith de The Cure (groupe que je ne connaissais pas encore bien, hormis quelques singles que je n’aimais que moyennement), en espérant très fort qu’il ne sonne pas trop années 80 (je ne supportais pas les sons synthétiques de cette décennie), mais cela est une autre histoire.

Pendant longtemps j’ai écouté Another Green World par curiosité. Il me titillait mais je ne suis pas sûr que je prenais vraiment plaisir à l’écouter. Pas un plaisir facile et passif en tout cas. Je voulais percer son mystère. J’allais à la musique, ce n’est pas elle qui venait à moi.

Aujourd’hui encore la musique de Brian Eno reste à part. Je me demande toujours comment il a réussi cela. Tous les titres d’Another Green World, y compris les instrumentaux, sonnent de manière bancale. Ils commencent et finissent en queue de poisson et leur déroulement est incertain. C’est comme si Brian Eno forçait la musique à entrer dans un moule trop étroit pour elle. Tous les éléments de la pop sont là, rythmes, mélodies, chants, mais d’une certaine manière ils refusent de se mélanger, de se laisser dompter. Le sentiment de confusion est de plus renforcé par la brièveté des titres. Très vite on ne sait plus où on en est. On est perdu, on ne sait plus quel titre on est en train d’écouter. Par moments l’album ressemble à une collection de vignettes.

Music For Airports, qui sortira 3 années plus tard et que Zawinul/Lava annonce déjà, est un album lumineux. Les compositions sont comme suspendues dans une brume nimbée de lumière. A contrario Another Green World baigne dans un clair obscure, hésitant entre rêve et désillusion. Il est troublant et doucement inquiétant. Sous ses atours « trop » calmes, il ne sonne pas vraiment apaisé. On devine une tension sous-jacente enfouie en profondeur. Il est comme en proie au doute. Sa nature schizophrénique, une moitié chantée, l’autre instrumentale, ne fait que renforcer ce sentiment.

L’album sonne à la fois étrange et familier. Pop mais pas trop. Les structures habituelles d’une chanson sont là mais pas tout à fait. I’ll come running est peut être le titre le « normal » de l’album, mais qui d’autre qu’Eno aurait incorporé des rythmes de castagnettes à un morceau pop ? La musique paraît simple mais est en réalité complexe. Le trait est épuré comme une estampe japonaise mais la musique foisonne de détails. L’album me fait penser à un casse tête minutieux. Tout se tient, tout s’emboîte mais on ne sait pas vraiment comment, comme par exemple Over Fire Island et la basse insensée de Percy Jones.

Ce qui me frappe aujourd’hui, beaucoup plus qu’à l’époque, ce sont les textures très travaillées. Il m’aura fallu du temps (et la découverte de pas mal d’autres albums) pour prendre conscience de leur richesse. Le traitement des sons est époustouflant : la guitare de Robert Fripp sur St. Elmo’s Fire est insensée, The Big Ship sous influence Krautrock est beau à pleurer et Little Fishes est d’une délicatesse inouïe.

Another Green World reste l’un des albums « rock » les plus étrange que je connaisse. Son étrangeté ne réside pas dans une folie ou une bizarrerie outrancière. Elle est insidieuse, difficile à pointer du doigt. J’ai du mal à le cerner. Il me résiste. Il est au carrefour de beaucoup de choses. Sa forme est incertaine. Il est inconfortable mais j’y reviens constamment.

PS : En écrivant cette chronique je n’ai pu m’empêcher de faire un rapprochement entre les musiques de Brian Eno et de Ducktails (entre autres musiciens « hypnagogiques »). Pas au niveau du « souvenir d’un souvenir » mais par rapport à la manière de manier les structures et les formes pop. La musiques de Brian Eno n’est pas aussi ensoleillée que celle de Matthew Mondanile, elle n’a pas de références kitsh non plus. Elle est bien plus précise, ciselées, savante. Elles ont  cependant  toutes deux un rapport tordu avec la forme pop qu’elles prennent un malin plaisir à pervertir – Pop génétiquement modifiée ? – Je ne sais pas si Matthew Mondanile a revendiqué une quelconque influence de Brian Eno mais ce rapprochement m’a donné encore plus envie de voir comme la musique de Ducktails va évoluer.

En écoute ici.

Beach Boys – Wild Honey (Capitol, 1967)

2 octobre 2010

Après les arrangements grandioses de Pet Sounds et la folie bancale de Smiley Smile, Wild Honey a dû achever de laisser perplexe un bon nombre de fans des Beach Boys. Je les comprends. On peut légitimement se poser la question de savoir comment peut on passer de Pet Sounds à Wild Honey. L’abus de drogue, la fatigue ainsi que les pressions de la maison de disque sont des débuts de réponses.

Ca ne s’explique pas. Certains morceaux de certains artistes sont bien écrits, bien interprétés, bien produits, efficaces, bien huilés mais ils n’ont pas d’âme. D’autres en revanche sont brouillons, à peine finis, produits avec les pieds mais dégagent un tel sentiment de sincérité qu’on est touché au plus profond de soi même, suspendu à ces quelques notes de musiques. C’est profondément injuste pour les premiers mais c’est comme cela. Les Beach Boys à la fin des années 60 étaient touchés par la grâce. Ils pouvaient enregistrer ce qu’ils voulaient, une ébauche de chanson, une déconnade entre potes, tout leur réussissait.

Pourtant le ton désinvolte de Wild Honey, l’équilibre instable entre dernières lueurs d’euphorie et gueule de bois carabinée, peut surprendre. On aurait cependant tort de sous-estimer cet album même s’il est vrai qu’il est plus facile de succomber à ses charme en le remettant dans le contexte de l’histoire du groupe et de son album mort né Smile. Wild Honey est de fait condamné à rester un album pour les fans, les acharnés et les curieux.

Entre le moment où j’ai découvert Wild Honey et l’autre jour quand je l’ai réécouté, il s’est passé des années, pas mal de trucs découverts, pas mal de lectures, bref plein de choses qui m’ont permis de réévaluer ce disque et de l’apprécier à sa juste valeur.

Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec le White Album des Beatles. Bien que ce dernier s’étale sur deux disques et que Wild Honey ne dure que 24 minutes, ils ont en commun les mêmes aspects éclatés, foutraques et bordéliques. Les morceaux n’ont plus, ni la complexité, ni l’envergure des productions précédentes mais se concentrent les plus souvent sur une idée brute comme couchée à la va vite sur la bande. Une simplicité dépouillée telle une pause après des chefs d’oeuvre de production (Pet Sounds / Sergent Pepper). De plus sur A Thing Or Two et Aren’t You Glad, la basse de Brian Wilson n’a jamais autant ressemblé à celle de Paul McCartney.

La plupart des chansons présentes sur ce disque ne tiennent qu’à peu de choses et dans n’importe quelles autres mains que celles des Beach Boys elle se seraient littéralement écroulées. Qui d’autre aurait su emmener Let The Wind Blow ou  le charmant I’d Love Just To See You là où les Beach Boys les emmènent ? De même, imaginez Obla-di Obla-da confiée à un autre groupe que les Beatles… Et que dire de Rocky Racoon, Why Don’t We Do It In The Road… ?

Wild Honey est le dernier album des Beach Boys sur lequel ils sont fun. How She Boogalooed It est le digne descendant de Barbara Ann. Et que dire des 1 min 4 sec a capella de Mama Says. Qui d’autre peut se vanter de sonner si spirituel tout en ayant l’air de s’éclater ? Il est également le seul album sur lequel Les Beach Boys se rêvent musiciens de la Motown. Wild Honey (la chanson) et la reprise du I Was Made to Love Her de Steve Wonder sont tout deux excellents, tout comme Darlin’, morceau orgasmique à la joie et l’enthousiasme communicatifs, que j’écoute en boucle depuis des semaines.

Sur Wild Honey Les Beach Boys n’atteignent certes pas les hauteurs stratosphériques de Pet Sounds. Il ne faut par ailleurs  surtout pas y chercher ce sens du raffinement et du sublime qui illuminait Pet Sounds,  sous peine de passer complètement à côté de l’album. Ils livrent ici en revanche un disque touchant et direct qui, certains jours, me boulverse plus que leur chef d’oeuvre tant révéré.

Je découvre à l’instant

9 août 2010

Dunes sur MySpace Music – Ecoute gratuite de MP…, posted with vodpod

R.L. Burnside – A Ass pocket of Whiskey (Fat Possum, 1996)

6 août 2010

J’ai découvert cet album, collaboration entre le vétéran R. L. Burnside et les très agités John Spencer Blues Explosion, par le plus grand des hasards, grâce à Goin’ Down South sur une compilation offerte avec le magazine Rocksound. Le rythme lourd et obsédant ainsi que le son plus gras et crade que toute la boue du Mississippi, m’avaient instantanément séduit. Je précise qu’à l’époque Seattle était ma terre sainte, qu’aucune musique sans guitare ne valait la peine d’être écoutée et qu’une guitare non saturée n’avait aucune raison valable d’exister.

J’étais un peu à la masse [à l’époque] et ma perception de l’univers musical était quelque peu distordue et comique avec le recul. Je m’étais étonné que quelqu’un fasse un album de blues en 1996. Le genre était mort des décennies auparavant non ? J’étais pourtant sûr qu’il s’était éteint dans les champs de coton avec les derniers esclaves noirs… Bref, j’avais trouvé l’acte très courageux et louable puisque plus personne ne se souciait du blues et qu’ils n’arriveraient jamais à vendre ce disque. Qui pouvait bien acheter un tel album en plein milieu des années 90 ?

Moi pardi ! Défenseur de la veuve et de l’orphelin, oubliés et piétinés à mort par la méchante industrie du disque qui ne pense qu’à faire du fric en sortant des trucs commerciaux vilains pas beaux et qui voudrait empêcher les vrais artistes de vivre et de faire de la musique [je vous avais dit que j’étais à la masse].

J’avais acheté l’album dans la foulée en espérant très fort qu’il serait du même acabit que Goin’ Down South. Je n’ai pas été déçu. A Ass Pocket of Whiskey regorge de riffs tueurs. Le son est chaud, sale et puissant, gorgé de testostérone, parfait pour mes hormones en ébullition d’adolescent de 15 ans.

Les morceaux sont envoyés pied au planché. Boogie Chillen (méconnaissable) de John Lee Hooker et Poor Boy (étrangement crédité Burnside / Explosion) de Howlin’ Wolf sont excellents. Shake Drive, quasi punk, sent l’urine et la bière. Shake ‘em On Down et The Criminal Inside Me sont hypnotiques.

Seules deux chansons m’avaient à l’époque parues plus difficiles d’accès : Walking Blues, blues stellaire passé à la moulinette no wave et Have You Ever Been Lonely, tonitruant blues bruitiste traversé de déflagrations sauvages et électriques. Ce n’est pas que je ne les aimais pas. C’était juste que je ne savais pas trop quoi en faire. Elles ne coulaient pas de source, elles n’avaient pas l’évidence des autres morceaux. Elles m’intriguaient cependant et je trouvais qu’elles apportaient à l’album un côté expérimental et malsain, voire même dangereux qui lui donnait une épaisseur supplémentaire. Maintenant je les aime autant que les autres.

Je réécoute aujourd’hui cet album avec bonheur et je me dis qu’il n’a pas pris une ride.


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.